Oui, il est possible de payer tout ou partie des obsèques avec le compte bancaire du défunt, même si le compte est bloqué après le décès. La banque peut régler la facture funéraire dans la limite du solde disponible et d’un plafond légal revalorisé. En 2026, ce plafond est de 5 965 euros.
Réponse rapide : la personne qui organise les funérailles peut demander à la banque de prélever les frais d’obsèques sur le compte du défunt. Il faut présenter la facture. La banque ne peut pas dépasser le solde disponible ni le plafond légal de 5 965 euros en 2026.
Pourquoi le compte est bloqué après le décès
Dès qu’elle est informée du décès, la banque bloque les comptes individuels du défunt. Les procurations prennent fin et les retraits ordinaires ne sont plus possibles. Ce blocage protège la succession, mais il ne signifie pas que tout paiement devient impossible.
La loi prévoit une exception pour certaines dépenses urgentes ou conservatoires, notamment les frais funéraires. Cette règle évite qu’un proche doive avancer seul une facture importante alors que de l’argent est disponible sur le compte du défunt.
Le plafond 2026 : 5 965 euros
L’article L.312-1-4 du Code monétaire et financier permet à la personne qui a qualité pour pourvoir aux funérailles d’obtenir le paiement de la facture d’obsèques depuis les comptes du défunt. Le montant est plafonné par arrêté et revalorisé. Depuis le 1er janvier 2026, le plafond applicable est de 5 965 euros.
Deux limites se cumulent :
- la banque ne peut pas payer plus que le plafond légal ;
- elle ne peut pas payer plus que le solde réellement disponible sur les comptes du défunt.
Si le compte contient 2 000 euros, la banque ne pourra pas régler 5 965 euros. Si la facture atteint 7 000 euros et que le compte contient assez d’argent, le paiement bancaire direct restera limité au plafond légal.
Qui peut demander le paiement à la banque ?
La demande peut être faite par la personne qui organise concrètement les obsèques. Service-Public précise que ce peut être un héritier, mais aussi une personne proche du défunt qui a réglé ou organise la facture, par exemple un concubin ou un ami, si elle a qualité pour pourvoir aux funérailles.
En pratique, la banque demande généralement :
- l’acte de décès ;
- la facture des pompes funèbres, ou parfois le bon de commande selon l’étape ;
- une pièce d’identité de la personne qui fait la demande ;
- les coordonnées du prestataire ou du compte à rembourser, selon la procédure de la banque.
Facture déjà payée ou facture à payer : deux cas possibles
Si la facture n’a pas encore été réglée, la banque peut payer directement l’entreprise de pompes funèbres. Si un proche a déjà avancé les frais, il peut demander un remboursement dans les mêmes limites, à condition de présenter la facture réglée.
Cette distinction est importante : gardez toujours la facture détaillée, la preuve de paiement et les échanges avec la banque. En cas de désaccord entre héritiers, ces pièces serviront aussi à justifier une demande de remboursement.
Que faire si la facture dépasse le plafond ?
Le reste à charge doit être traité avec les autres solutions de financement : contrat obsèques, capital décès, remboursement éventuel par un organisme de retraite, contribution des héritiers ou recours amiable entre proches. Notre page pilier détaille ces pistes dans le guide prix des obsèques.
Si la succession ne couvre pas les frais, les descendants peuvent devoir contribuer selon leurs ressources. Pour ce point, consultez aussi comment financer des obsèques sans argent.
Sources officielles
- Service-Public : que devient un compte bancaire en cas de décès ?
- Service-Public : qui doit payer les frais d’obsèques ?
- Légifrance : article L.312-1-4 du Code monétaire et financier
Si le compte du défunt ne suffit pas, consultez le guide dédié : qui paie les obsèques quand la succession est insuffisante.
Achille Rabault est conseiller funéraire indépendant et rédacteur spécialisé dans les démarches liées au deuil et aux pompes funèbres. Fort de douze ans d’expérience au sein de plusieurs agences funéraires dans la région lyonnaise, il a accompagné des centaines de familles dans les moments les plus difficiles de leur vie.
Passionné par la démocratisation de l’information funéraire — un secteur longtemps opaque et peu accessible au grand public —, Achille a décidé en 2021 de consacrer son expertise à la rédaction de guides pratiques et objectifs. Sa mission : permettre à chacun de comprendre ses droits, d’anticiper les coûts réels d’une cérémonie, et de faire des choix éclairés pour l’hommage rendu à leurs proches.
Diplômé de l’Institut National de Formation Funéraire (INFF), il maîtrise parfaitement les réglementations du Code général des collectivités territoriales encadrant les activités funéraires en France. Il est particulièrement attentif aux évolutions législatives sur les nouvelles formes d’obsèques : inhumation, crémation, humusation ou cérémonie laïque.
Ses articles sont systématiquement sourcés auprès des chambres professionnelles (FNOF, CSNAF), des tarifs publiés par l’Observatoire des Prix des Prestations Funéraires (OPPF) et des textes réglementaires. Il veille à ne jamais promouvoir un prestataire particulier, garantissant ainsi l’indépendance éditoriale du site.
En dehors de son activité rédactionnelle, Achille forme des bénévoles dans des associations de soutien au deuil et intervient régulièrement dans des EHPAD pour sensibiliser le personnel à la communication autour de la fin de vie. Il réside à Lyon, où il est également membre de l’association nationale « Vivre son deuil ».


